LIEUX DITS
Le Théâtre de Verdure
Marne-la-vallée, 2008
Cela se passait en bas du collège de l’Arche Guédon, tous les ans, fin Juin-début Juillet. Les 8 Heures Pop. Cela signait la fin de l’année scolaire. Nous y étions tous. Tous les copains. Et tous les pas copains...
Même avec les yeux d’enfants, c’était « Le Rock n’Roll », pas « cheep ». C’était gros, la scène était immense, gratuite, en plein air. Et entre deux villes.
C’était une des dernières années, pendant une soirée. J’étais venu en moto, rejoindre des copains et une dizaine de types me sont tombés dessus. Je me rappelle le dernier coup de pied, une
« Adidas ». Après, le trou.
Je suis arrivé chez un pote, qui était resté chez lui parce qu’il flippait. J’avais ma moto. J’ai balancé mon casque contre la porte du garage. Son père m’a pris dans ses bras, m’a calmé, et m’a couché dans un lit. Le lendemain, après l’hôpital et le reste, je n’avais plus mes lunettes.
Je suis retourné sur place les chercher mais rien. Juste l’endroit où nous nous étions battus, des traces dans la boue. Et le père de mon pote: « Tu as regardé dans dans ton blouson ? ». Elles y étaient. En bouillie.
Je me suis toujours demandé comment j’avais encore ma moto, et mes lunettes dans mon blouson. J’ai toujours pensé que c’était un homme, qui promenait son chien. Il avait fait fuir les méchants, m’avait remis debout et renvoyé sur ma moto.