LIEUX DITS
Le Rideau de Fer du Salon de Coiffure
Marne-la-vallée, 2008
Rien de particulier sur cette place de quartier avec ses quelques commerces de proximité et d’appoint. Le Félix Potin de mon enfance a cédé la place à une épicerie généraliste meilleur marché où l’on peut faire voyager sa cuisine en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Ouest.
Visible la nuit, au petit matin, les jours fériés et de fermeture, le rideau de fer du salon de coiffure est orné d’une peinture à la bombe aérosol, réalisée à l’époque avec l’accord de son propriétaire par Numa (ou Numasiatik) membre du collectif de graffeurs et danseurs «TKS» (The Kriminal Starz), au début des années 90. La peinture, certes un peu délavée est étonnamment restée intacte.
Je l’ai redécouverte il y a peu en passant à pied dans mon ancien quartier à la nuit tombée ; tapie dans l’ombre avec ses formes abstraites et colorées, sorte de tourbillons ou de spirales en cascade. Tourbillonnante et encore bien vivante, cette peinture m’a aspiré dans une faille spatio-temporelle me ramenant à l’adolescence dans mon quartier.
Pouvoir de cette peinture murale posée comme une ’’songline’’, pouvoir des oeuvres d’art que de réveiller les souvenirs, provoquer l’introspection,la nostalgie et d’injecter de l’énergie brute pour toutes ces choses que l’on veut accomplir...