LIEUX DITS
Le But
Marne-la-vallée, 2008
C’est un but de foot. Comme il y en a sur tous les stades de foot. Je jouais en poussin, dans l’équipe de Torcy. J’aimais bien ça. L’été. L’hiver, dans le froid, c’était autrechose.
Tous les Mercredis, on s’entraînait, et le Samedi, il y avait match. Une fois chez nous, une fois loin. Il fallait prendre la voiture ; des fois, cela durait aussi longtemps que le match.
Je ne sais pas pourquoi mais on avait décidé que j’étais attaquant. Ailier gauche. J’étais droitier mais bon...
C’était un match du Samedi, mais je crois que c’était peut-être plus important, ce devait être un tournoi. Car il y avait aussi des tournois. C’était la même chose sauf que c’était plusieurs Samedis dans un Samedi et le Dimanche, il fallait revenir comme si c’était un Samedi.
J’étais devant, à mon poste et le ballon a atterri dans mes pieds. Je me suis approché du but, je devais être à deux mètres, et j’ai tiré. Et j’ai raté...
Là, ça a été l’apocalypse... L’entraineur s’est mis à hurler, je n’étais qu’un bon à rien, etc., etc. Je ne sais même pas si on a gagné ou pas. J’étais anéanti. On ne m’avait jamais crié après comme cela.
Tout ce que je sais, c’est que c’en était fini du foot et moi. Je crois même que la compétition sportive, et je l’ai vérifié plus tard, était morte pour moi ce jour-là. Avec le recul, je lui en sais gré...